Rapport de mission été 2008

Une délégation de 8 membres de CA au Congo-Brazzaville !
Nous étions huit missionnaires, dont certains venaient pour la première fois à Brazzaville : cinq hommes : Romuald, Jean-Marc, Jérôme, Rudolph et Benoît et trois femmes : Claire, Marie-José et Anny.
Nous avons tous été très bien accueillis par le Père Xavier et les membres du Comité de Soutien du "Centre Ephata".
A notre arrivée, nous avons dégusté de la bière locale à base de maïs ou de la limonade. Nous avons savouré un bon repas qui nous a donné un avant-goût des saveurs du pays.
En effet, tout au long de notre séjour, nous avons goûté à de succulents plats typiques toujours dans une ambiance très sympathique : de la gazelle, du crocodile, des poissons de rivière, des chenilles ! Ces repas étaient pour la plupart, préparés par des mamans qui soutiennent le « Centre Ephata ». Nous étions souvent sollicités pour déjeuner chez des amis du Père Xavier.
Au réveil, premiers apprentissages de la vie rude ! La toilette se fait à l’eau froide au seau et la lessive à la main avec du savon ! Parfois il n’y a pas d’eau et pas d’électricité ! Souvent la soirée se terminait à la lueur des bougies (le soleil se couche tôt vers 18h00 toute l’année et la nuit est noire).
Première visite de Brazzaville : quelle surprise pour les nouveaux visiteurs de découvrir un monde si différent ! Visite guidée par le Père Xavier au bord du fleuve Congo : 2ème fleuve à haut débit au monde, qui sépare seulement de 4 kms les deux capitales les plus proches au monde : Brazzaville et Kinshasa. Le fleuve est aussi le passage le plus « sale » (corruption). Le temps est brumeux, les températures douces pour la saison sèche (Juin à Septembre).
Visite de l’Institut de Jeunes Sourds de Brazzaville (IJSB), de la coopérative de menuiserie des Sourds.
Dans la ville de Brazzaville, nous avons pu visité le Beach (port), la gare, le marché de Poto-Poto et d’autres marchés locaux, des rues… Nous avons admiré le magnifique paysage qu’offraient les rapides du fleuve Congo au Djoué, où des femmes congolaises faisaient la lessive et des enfants s’adonnaient aux plaisirs de l’eau !
Nous avons eu l’occasion de faire connaissance avec les enfants sourds du Centre Ephata pendant trois jours, le Père Xavier les avait fait revenir spécialement pour nous ! Quel contact chaleureux ! Ils étaient très accueillants. Certains d’entre-nous étaient surpris et émerveillés par la servitude de ces enfants : ils participent à toutes les tâches : ils font la vaisselle, le ménage, nourrissent les poules…
Durant la messe avec les personnes ou enfants sourds de Brazzaville, les échanges sont chaleureux.
Nous avons organisé deux tournois de football en une semaine à l’Institut avec la délégation SSF France-Brazzaville et des Sourds Congolais ! Ce fut l’occasion deux fois de leur offrir des maillots et shorts de football et des ballons. Les grands sourds congolais étaient très contents. Certains d’entre-eux jouaient pieds nus !
Certaines matinées étaient consacrées aux travaux, tels que la lessive, le repassage pour les uns et bricolage pour d’autres : Jérôme enseignait quelques techniques dans le domaine de l’électricité à Nelton et Maon très attentifs (deux grands éducateurs sourds à Ephata).
Nous avons organisé plusieurs réunions de travail. Première réunion avec des adultes sourds congolais à l’IJSB. Romuald expliquait les objectifs et projets de SSF, tandis que les adultes sourds exposaient leurs problèmes ici au Congo : la langue des signes, les études, l’internat. Ils se sentent délaissés par le gouvernement.
Deuxième réunion avec les professeurs de l’IJSB qui viennent enseigner aux enfants de l’internat en cours de soutien. Ils nous exposaient leurs problèmes, leurs besoins, leurs projets : des cours de langue des signes française adaptés à la culture congolaise, installation d’une salle de jeux/bibliothèque à Ephata… Troisième réunion avec des interprètes : ils nous ont exposé leur problème de manque de formation dans leur métier.
Nous avons visité le Nord de Brazzaville jusqu’à Kigala, Djiri (40 kms) et également au Sud jusqu’à Koubola (40kms environ), où sera construit le futur complexe scolaire Ephata. Des sourds volontaires étaient venus avec nous pour défricher le terrain ! Chacun d’entre-nous y avait mis du sien, dans une bonne ambiance ! et nous étions contents d’avoir bien travaillé ! Certains étaient même allés se rafraîchir à la rivière en bas du terrain ! Le chef du village nous a fait déguster le vin de palme local : le « nstamba » ! Le village était très accueillant. Les maisons sont bâties en terre cuite.
Le hasard fait bien les choses ! Ce jour-là, le chef du village a présenté à Père Xavier, une fille de son
Village, dont les parents sont décédés et qui vit chez son oncle : elle est sourde et ne parle pas !
Les volontaires sourds essayaient de communiquer avec elle et s’occupaient d’elle ! Père Xavier a proposé
au chef qu’elle vienne étudier au « Centre Ephata ». Cette jeune fille est donc le symbole du besoin réel
des enfants sourds d’être scolarisés dans de bonnes conditions !
Nous y sommes retournés une deuxième fois en présence du comité de Soutien qui venait pour la
première fois visiter ce terrain et d’un expert agronome. Ce jou-là, nous avons eu droit à un violent orage !
Ciel noir, lumière étrange, pluie, ce qui est très rare durant la saison sèche, conséquence probable du réchauffement climatique ?
Les paysages entre le Nord et le Sud sont très différents ainsi que les routes : très abîmées au sud de Brazza ! Nous étions secoués en permanence dans le bus !
Nous avons été très heureux d’inviter à dîner Monseigneur Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville, et de lui faire visiter pour la première fois l’internat.
Plusieurs réunions ont eu lieu avec le Comité de Soutien du « Centre Ephata », afin de consolider nos liens et garder courage pour la réussite du beau projet de construction d’une école pour enfants sourds. En leur présence, nous avons offert au centre tout le matériel que nous avions apporté dans nos bagages : quelques livres, des jeux éducatifs et de société, deux imprimantes, un scanner, des boîtes de craies, des cahiers, des ballons de football etc. Pour notre dernier soir, ils avaient organisé un grand repas et nous avaient confectionné de beaux costumes avec du tissu africain et le logo d’Ephata avait été cousu sur le devant !
Ce furent trois semaines très riches en émotion ! malgré l’échec d’acheminement du container de Pointe-Noire à Brazzaville. En effet, les formalités douanières et administratives de ce pays sont très compliquées et
surtout très longues. Il nous a fallu recommencer le dossier de demande d’exonération des frais de
douane ! Nous n’avons donc pas pu installer la bibliothèque, ni inaugurer le minibus J9. Le Président de
SSF Romuald s’est engagé auprès de Père Xavier de revenir au Congo dès le déblocage du container,
afin de bien réceptionner tout le matériel humanitaire à Brazzaville.